Anne-Sophie Galand
« Human Race 2% »
« Un fond noir facile à transporter, l’appareil photo, la rue, un espace et nous sommes prêts. A Bruxelles, à Cuba, au Brésil... le principe reste le même, les gens viennent de façon spontanée et nous faisons une et une seule photo. Comme un échange, chaque personne recevra ultérieurement son portrait, un tirage en N&B.
En invitant l’individu devant ce fond noir, je souligne la richesse de nos différences. Quand j’assemble les portraits en séries, je souligne alors la force de notre unité.
...Un regard sur la reconnaissance d’un individu, sur la reconnaissance d’un ensemble d’individus, sur l’ensemble de tous les individus...»
Mutsumi Yanai
« Ombre & lumière »

«L’ombre me préoccupe et me fascine depuis un plus d’un an. L’ombre portée, l’ombre du cœur, l’obscurité du soir, et le clair-obscur du lavis… Il y a plusieurs nuances dans le mot “ombre” que l’on utilise trop souvent négativement.
Car la lumière tranche sur l’ombre. Et les deux se répondent. L’une n’existe que grâce à l’autre.
Dans les travaux que j’expose, on trouve des thèmes comme la maladie, la vieillesse, la tristesse, mais aussi la joie, la sagesse et le désir.
En dessinant des ombres, j’ai réfléchis à la force qui existe dans nos faiblesses et à la clarté qui vit dans l’ombre. Au positif dans le négatif et vice versa.»
Anne-Sophie Costenoble
"Portrait de campagne"

« Comprendre l’agriculture familiale et sa lente mutation est l’idée de ce travail.
Je n’ai pas du aller très loin... une ferme voisine dans le Borinage, puis d’autres un peu plus loin...Ces hommes et ces femmes m’ont révélé leur quotidien.
Le photographier m’a obligé à m’approcher. Ici, on ne triche pas, pas de superflu, des silences ou des mots simples pour dire l’essentiel : les difficultés du métier mais aussi la passion, l’indépendance et le bonheur de l’existence rythmée par la nature. Comme eux, j’ai essayé de travailler de manière authentique, en confiance... en noir et blanc pour ne pas se laisser distraire.
Réponse intuitive à ce monde de bon-sens qui tend malheureusement à disparaître. »
http://www.collectif-caravane.com/pages/annso.html
Alain Godefroid
"Notre planète sourit"

Amateur-bricoleur-touche-à-tout, illustrateur, cartooniste, publicitaire et peintre, Alain s'essaie aux crayons, à la gouache, à l'huile et aux pastels jusqu'au jour où il découvre l'acrylique et les plus grands formats. C'est un moyen pour lui de dépasser le format de l'illustration qu'il commence à trouver trop étriqué. C'est en triturant son acrylique qu'il découvre la puissance de la matière et des couleurs qu'il fait éclater dans ses premières toiles noyées du soleil Sud Marocain.
Fils naturel de la Castafiore et du Capitaine Haddock, élevé et nourri à la BD, il assume aujourd'hui son amour pour la ligne claire en combinant son trait d'encre de Chine à l'acrylique. Ses sujets sont aussi divers que New York, Marrakech, Zanzibar ou le Plat Pays qui est le sien. Par un choix de sujets volontairement simples, il nous invite à sourire à la vie. Un sacré pari par les temps qui courent...
http://www.alaingodefroid.book.fr/
Mélanie Rutten
"Fées & couples"
Photographe ou illustratrice? Auteur ou peintre? Décoratrice ou poétesse? Conteuse pour enfants ou pour adultes? Mélanie est autant de dons à la fois. C'est une artiste complète dont les talents n'ont pour limite que son inspiration.
Son univers est un désordre amoureux, tendre et cruel, peuplé de ses petites fées bizarres, de ses couples d'une époque révolue et qui pourtant nous ressemblent tant, d'humains pas toujours gais et pourtant si drôles, et de petits textes acérés. Son monde c'est la vie, la nôtre, observée avec ses yeux de poète.
Dans son plumier, juste quelques crayons, des feutres, de la gouache, des photos noir et blanc, de la colle, une paire de ciseaux... et des kilos d'imagination.
Résultat : un travail d'orfèvre d'une rare délicatesse malgré tant de profondeur, confondant de gentillesse et cinglant d'humour corrosif. Ses illustrations (ou photos? ou collages?) sont un petit délice à déguster sans modération.
Edwige Fouvry
"Feuilles de Novembre"
Au cours d'une balade à Paris, j'ai découvert une vitrine de fleuriste à l'abandon. Un amas de bibelots, figurines, objets de décoration semblaient figés à jamais. Une ambiance étrange se dégageait de l'ensemble, le sourire dérisoire des petits objets contrastait avec l'accumulation de poussière et le désordre. J'ai donc pris des photos de cet endroit en vue d'en faire une série de dessins: "La petit monde de Violette", nom du magasin. »
Mathieu Weemaels
« Nus, Apesanteur & Déformations »
Peintre figuratif de l’âme, Mathieu se nourrit de solitude et aime s’isoler dans la nudité des objets qui habitent son atelier. Le véritable sujet de ses tableaux, c’est la méditation que suscite la contemplation de ces choses simples qui font notre quotidien.
Aujourd’hui Mathieu Weemaels expose ses nus et ses déformations.
Plongés dans un espace hors du temps, comme en apesanteur, libérés du poids de la condition humaine, ses nus sont comme les objets de son atelier, seuls, simplement présents, sans esthétisme, en proie à leurs inquiétudes et à leurs pensées. « Je les voulais crus et dramatiques, ou légers et apaisés dans leur état d’apesanteur", nous explique-t-il.
Ses toiles ne sont pas sans rappeler Lucian Freud ou Francis Bacon pour qui il a la plus grande admiration. Pour cet artiste confirmé, l’huile et le pastel sont le plaisir du sujet mille fois retravaillé ou des matières accumulées.
Nées de l’observation des reflets dans les casseroles dans son atelier, ses « déformations » nous font plonger dans des univers aux formes bizarres mais toujours poétiques, sur le fil du rasoir entre le figuratif et l’abstrait. Ludiques ? Expressionnistes ? Sans doute les deux à la fois.
http://www.mathieuweemaels.be/
Sandra Cabezuelo
"Haïkus"

"Autrefois, je lisais un haiku par jour. Je le retenais par coeur le matin et je me le mâchonnais toute la journée comme un chewing-gum. Le soir, il avait encore du goût.
De cet exercice délicieux m’est resté la saveur de ces vers, répétés à l’envi : fugacité, contemplation, intuition, humour, émotion. Les haikus m’ont débridé l’imaginaire. Et c’est parti dans tous les sens ! ...L’écriture se faisait papillon et le dessin suivait."
Les estampes de Sandra Cabezuelo, réalisées sur papier coton, sont des histoires d’amour où érotisme et malices s'entrecroisent, chargés des parfums subtils de tous ses voyages.
Styliste de formation, Sandra est une illustratrice nomade. Son travail se nourrit de ses périples en Orient et ses oeuvres invitent au voyage amoureux et érotique.
Sandra nous dévoile l'érotisme aussi aguichant que délicat qui a jalonné sa route, manière de peindre les saveurs des nombreux pays qu'elle a traversés.
http://sandra-cabezuelo-bertozzi.com/
Anne Turlais
"Immanence"

L'immanence se dit de ce qui est contenu dans la nature d'un être. Anne l’exprime dans ses gravures comme dans ses huiles depuis le plus profond de son âme: « Immanence. Nature. Essence végétale, essentielle présence bienveillante ; modèle de force, de patience, d’impartialité, ouverte à tous, pour tous. Infinitésimale beauté de la cellule, comparable à celle, immense, prodigieuse, étourdissante de l’univers. A chaque respiration, la nature émet des signaux de vie, de lumière, d’amour auxquels nous restons bien souvent sourds. Notre cœur »carapace » ne peut lui faire écho. Eteignons notre vacarme. Ecoutons ce silence vibrant nous parler au plus profond. Toute particule de végétal est une leçon de beauté et l’espace résonne de cet incroyable chant. Cette résonnance, cet accord enfin sentis, répondent à nos questionnements essentiels. A toute partie de la nature nous sommes véritablement scellés, pour peu que nous l’écoutions. L’immanence perçue en présence du végétal me transporte dans un monde bienveillant. Car en effet, cette entité, cette nature, épreuve parfois cruelle, violente ou impitoyable, n’est écoutée que lorsque nos cœurs font corps avec elle.
Herman Bertiau
"Décalage horaire"
Entre le flou noir et blanc de ses photos de femmes voilées délicatement dévoilées et l’éclat des couleurs vives des chemins qu’il a empruntés d’Afrique en Asie en passant par Bruxelles, Herman Bertiau parcourt notre planète de paradoxes en décalages horaires.
Deux séries que tout semble opposer, « Chemin faisant » et « Trouble(s) », composent sa nouvelle exposition chez Image au Carré.
L’une, en couleur, propose un ensemble de photos de voyage qui s’écarte résolument du reportage classique. Herman privilégie ainsi les couleurs et les matières, et donne à voir des images où le sujet s’efface au profit d’une composition picturale décalée et poétique. C’est le mystère, la grâce, le jeu avec les formes ou la lumière qui l’intéressent.
Alors que l’autre, qui réunit tous les ingrédients de la fiction, est une variante orientaliste en noir et blanc dans laquelle des femmes voilées sont mises en scène. Herman s’amuse à brouiller nos préjugés et altérer la perception des images pour en augmenter la charge érotique et le mystère. « Trouble(s) » est un jeu sur le thème « voiler/dévoiler », une mise en abîme où le flou se substitue au voile, où le trouble est affaire d’émotion.
Xavier Warrant
"Par nature"
Depuis toujours, Xavier Warrant développe une véritable fascination pour l’enracinement, l’ancrage, les pieds et la tête dans l’humus. Il nous rappelle à notre Mère Terre qu’il aime tant. Bien que sa palette passe du blanc au noir avec pour seules teintes d’exception les gris et le rouge, ses dessins sentent bon le végétal qui naît de la fusion du minéral et de l’eau. Ses idéogrammes ne sont pas sans rappeler ceux des Primitifs.
Comme nos ancêtres, Xavier a la volonté - l’obsession - de symboliser, de simplifier au maximum l’image captée par son regard.
Le vent - L’arbre - Le sillon - La vigne - La feuille - Le dessous - L’enfoui - Le dessus - Le révélé - La force - Le déséquilibre - L’ombre - Le presque vide - Le juste plein - Les masses - La silhouette & La perspective. Autant de raisons pour jouer avec les proportions et les rapports de force entre les éléments.
Pour le reste, c’est un jeu qu’il nous fait partager. D’une fluidité sensuelle qui nous fait voyager sur la feuille au travers de la Hesbaye, la Toscane, Fès, les Ardennes, les Roses d’Anna Bolena ou encore les jardins d’Elisol.
Entre trait et forme, la séduction est bien présente. Xavier nous présente ses dernières oeuvres à l’encre de chine, pastel gras et crayon sur papier, ses impressions sur plaque aluminium et plexi ainsi que ses feutres noirs sur papier blanc.
Pierre Moreau
« De nuit comme de jour »

D’un retour depuis les contrées arides et minérales de l’été marocain et espagnol, Pierre est ébloui par la verdoyante luxuriance de nos paysages du Nord. Le banal lui semble soudain miraculeux. Partout de l’herbe, des ruisseaux, des rivières, des lacs, des grands arbres. L’Europe est un immense jardin. Depuis, il n’a jamais oublié ce contraste et s’attache à mettre en valeur cette diversité, cette profusion végétale menacée aujourd’hui par la bétonisation.
Si dans sa carrière de photographe publicitaire, l’idée précédait toujours la réalisation, aujourd’hui c’est la rencontre avec la nature qui déclenche des idées. «Ma difficulté est de partir en chasse sans projet précis, sans à priori afin de rester réceptif aux propositions qu’elle me fait. Mon plaisir est d’improviser sur place, de laisser libre cours à l’humeur et à l’inspiration du moment, avec le bonheur de rencontrer parfois l’inattendu qui émerveille, sous la pluie, dans le brouillard et en toutes saisons, de nuit comme de jour.»
Pour cet ancien photographe de studio, l’univers végétal est devenu son sujet personnel de prédilection. Influencé par Magritte et Monet, ses tirages jonglent sur le fil du rasoir entre impressionnisme et surréalisme.
http://www.pierremoreau.book.fr/